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21 octobre 2010

Voilà

Crise conjugale, péripéties, et finalement séparation, déménagement, garde alternée.
C'est mon premier soir sans mon fils. Le premier d'une longue série.
Il reviendra quand même dans quelques jours. Pour repartir ensuite. Pour revenir...
Alors oui, je vais m'habituer.
Mais là, maintenant, je me sens comme un débile au milieu d'un champ de ruines, et j'ai mal, et je pleure, et je noie mes larmes dans la bière. Pour une fois que j'exprime mes émotions, y'a personne pour le voir.

J'ai délaissé cet endroit, presque sans le vouloir : plume à sec, envie envolée, pas la force ni le courage d'évoquer mes difficultés par écrit. Parler de moi ç'aurait été parler d'elle, et ça je ne voulais pas.
Maintenant que tout recommence à zéro, qu'il faut tout reconstruire, que l'avenir sera tissé de regrets et d'espoirs, je vais recommencer à écrire.
Au moins pour meubler le silence de cette maison vide.

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13 avril 2010

Du croustillant

Quand ça va pas faut écrire.
Je n'ai jamais vraiment parlé de mon couple ici, et je ne me résous à le faire qu'aujourd'hui, après un mois de silence, parce qu'il va très mal.
Je me suis petit à petit éloigné de ma femme, en restant avec elle pour notre fils, et parce qu'un reste d'affection perdurait, ainsi que l'idée que sans moi elle aurait beaucoup de problèmes. J'ai eu des tentations, des désirs pour des femmes, belles ou non, intelligentes ou non, qui m'attiraient peut-être parce qu'elles correspondaient plus à mon idée de la femme idéale. Je me suis toujours mis des barrières, je ne l'ai jamais trompée, même pas par curiosité sexuelle ou besoin de renouveau dans ce domaine.
Je ne me suis pas vraiment aperçu qu'elle s'éloignait encore plus vite de moi, que ce que je lui offrais ne l'intéressait pas, que je demandais trop d'elle. Et elle n'a pas eu les mêmes scrupules que moi : elle est tombée amoureuse d'un collègue de travail, un type qui la fait rêver, et lui a déclaré sa flamme, pendant que moi j'attribuais les insomnies que ces doux tourments généraient à des problèmes d'entente avec une autre collègue. Il l'a repoussée, ne se disant pas intéressé. Elle me l'a caché, même après que j'ai découvert par hasard la vérité, et ne me l'a finalement avoué que ce soir, parce que je lui ai tiré les vers du nez.
Difficile de s'entendre confirmer qu'elle pense à lui pendant que je lui fais l'amour, depuis je ne sais combien de temps sans doute.
Aujourd'hui elle ne sait pas où elle en est, et si reprendre sur des bases plus saines vaut vraiment le coup. A vrai dire j'en doute beaucoup. Je n'ai plus confiance en elle. La voilà qui veut se mettre à sortir, à retrouver les élans de sa jeunesse : le chant, la danse. Très bien. Mais elle ne s'interdira pas de se laisser séduire par quelqu'un qui lui conviendra mieux. Elle me l'a dit.
Bien sûr que j'ai des torts, je ne suis pas très expansif, pas beaucoup d'amis, pas trop d'enthousiasme. A la vérité je crois bien que je serais probablement plus heureux sans elle. Je ne peux pas lui en vouloir.
Mais il y a notre fils. Je ne peux pas me résoudre à moins le voir, car je sais qu'en cas de divorce c'est elle qui en obtiendra la garde. On m'a dit que ce dont il avait besoin c'était de parents heureux. Pas forcément unis mais heureux. Je sais que c'est vrai. Mais Dieu que ça fait mal. Ce soir il suffit que je regarde ses jouets étalés là sur le sol pour que mes yeux s'embuent. Foutu mélo.
Alors donc, y'a pas que mon couple qui va mal. Moi aussi en fait.

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12 mars 2010

L'honnêteté

Être honnête avec soi-même, en fait, c'est vraiment difficile. Surtout les jours où on a les jambes lourdes, où tout s'emmêle, où on a l'impression d'avoir raté le bus, où on tourne les mêmes questions dans sa tête sans en trouver le sens, où toute confiance que l'on peut avoir en soi menace de fondre sous les rayons du soleil...
Où l'on se hait d'avoir la répartie d'un escargot léthargique, de trouver les questions à poser deux heures après qu'elles eussent été utiles, où l'on se sent parfois comme une souris grise dans les pattes d'un chat malicieux.
C'est dur d'être honnête avec soi-même après avoir été désarçonné, quand on a l'impression de ne pas tout comprendre à ce qui se passe, quand la rationalité se recroqueville sous les coups de boutoir de l'affectif.
Mais être honnête avec soi-même c'est nécessaire, voilà au moins une chose que j'aurais apprise aujourd'hui.
Alors au boulot.

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18 février 2010

Spéciale dédicace

Bon, sinon, un jour, il faudra quand même que je prenne des cours de conversation, comment s'immiscer, comment évoquer les sujets voulus, comment participer et non pas passer mon temps à regarder s'échanger les phrases entre les autres personnes présentes.
Ça serait quand même mieux. Comme ça le moment serait vraiment parfait.

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08 février 2010

Vide ton sac et au lit !

J'entendais à la radio ce matin un type qui déplorait une certaine cruauté dans notre monde, qu'il jugeait aussi trop rapide.
Bien sûr que le monde est cruel. Tous les jours. Bien sûr que le monde est trop rapide. Pas de place pour la faiblesse, marche ou crève, adapte-toi ou meurs, bosse comme un taré ou tu vivras dans la misère, sois conformiste ou tu seras rejeté.
Et moi je me promène là-dedans et parfois, j'ai quand même un peu l'impression d'être Blandine dans la fosse aux lions.
Et puis y'a pas mal de petites choses personnelles qui ne vont pas comme je le voudrais, des coups de canif dans le contrat, et dans mes tripes comme un coffre-fort dont je n'ai pas la clé. Je sais à peu près ce qu'il y a dedans. Mais pour en parler, pour l'écrire, non, ça je ne m'y résous pas, peut-être parce que je ne trouve personne en qui je pourrais avoir suffisamment confiance, ou peut-être parce qu'en parlant de ça c'est comme si je me baladais tout nu dans les couloirs du bureau. Pudeur, honte, deux petits détails qu'il faut apprendre à exprimer pour les apprivoiser.
Et puis honnêtement, tout monde s'en tape, de mes états d'âme, non ?
Ou alors c'est que, un jour comme aujourd'hui où l'incommunicabilité a régné en maître, où je me replie sur moi-même comme une tortue dans sa carapace alors qu'il faudrait que je porte haut mon étendard, je n'y crois plus et je reviens à mon vieux démon du doute qui me titille depuis un moment.

Mais je sais ce que j'ai à faire. Et je ne veux pas être cruel, et je vais prendre mon temps.

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28 janvier 2010

Insignifiant

Je vais à nouveau devoir changer de bureau dans peu de temps, pour revenir dans l'ancien, qui sera nouvellement configuré (tant au niveau de l'ameublement que des collègues d'ailleurs).
Mon emplacement actuel me manquera. Je suis orienté au nord-ouest : j'ai donc un bureau pas trop chaud en été mais froid l'hiver. De plus, je n'ai d'autre bruit que les palabres de mes collègues dans la cuisine se trouvant juste derrière la cloison, dans mon dos, bruit qui varie du paisible bruissement au furieux ouragan.
Je suis à côté de la fenêtre, avec ma chère pluie contre les vitres, et même si je me trouve isolé, tout au bout du couloir, et si je ne vois que peu de monde qui vient me saluer le soir avant de partir, je me sens bien là.
Bizarre comme quelque chose de si insignifiant peut me rendre mélancolique.

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22 janvier 2010

Des saisons

J'ai été morose une bonne partie de la semaine, sans savoir réellement pourquoi.
Tout ce vers quoi je me tournais me paraissait gris, aucune des occupations auxquelles je m'adonnais ne parvenait à m'enthousiasmer un minimum, c'est comme si les fleurs et les arbres de mon jardin intérieur vivaient un hiver très soudain et particulièrement rigoureux.
Je ne suis même pas capable de faire une quelconque intériorisation ou un début d'analyse de ce qui arrive. Je suis tout juste bon à attendre que ça passe.

Le printemps reviendra bien un jour ou l'autre.

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11 janvier 2010

Lundi, 5:00 PM

La journée comme une parenthèse de clarté dans les longues phrases des nuits d'hiver.
Un tunnel de lumière rendu flou par une somnolence vespérale.
Des lambeaux de chaleur qui s'envolent dans le vent mauvais.
Des sentiments, des émotions qui volettent paresseusement, fourbus sous leur propre poids.
Comme une envie de s'étaler, d'être partout à la fois, et nulle part aussi.
Comme une envie de fermer les yeux.

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08 janvier 2010

Léger dérèglement hormonal

Aujourd'hui j'ai eu toute la journée une étrange sensation, comme un mélange de tristesse et d'allégresse, et je me demandais à quoi c'était dû... C'est quand j'ai vu le bureau immaculé de mon collègue, qui est définitivement parti ce soir, que j'ai compris... Il était arrivé en aout et son soutien m'a permis de retrouver une certaine confiance en moi et en mes capacités. Alors c'est vrai, il avait tendance à dire ce qu'il pensait et à ne pas prendre de gants, à se mettre tout le monde à dos. Mais techniquement, il connaissait son métier et aurait pu beaucoup nous apporter. Malheureusement l'inertie habituelle de mes collègues a fini par le décourager et il est parti ailleurs.
Et donc, voir ce bureau propre et rangé, avec un ordinateur, un clavier et une souris, en attente d'un type qui ne reviendra plus, ça m'a un peu fichu le cafard. C'est bête, d'autant que j'ai averti mon chef que cette année je comptais assumer mes responsabilités à la tête du service. Il a paru soulagé. La seule façon de faire bouger les choses c'est d'être soi-même le moteur, et j'aurais mis du temps à le comprendre.
J'apprends donc à exprimer mes émotions, et je dois avouer que, contre toute attente, c'est assez agréable. Je me demande où tout cela me mènera.

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28 décembre 2009

Bonnes résolutions

Au coeur de ces nuits interminables de fin décembre, où l'on se plaît comme par atavisme à se blottir près du feu, on fait d'ordinaire le point sur son année et on décide de prendre des résolutions pour celle à venir.
En ce qui me concerne, je me suis déjà maintes fois retourné sur le chemin parcouru en 2009, depuis le séisme qu'a représenté la montée en puissance de ce blog, jusqu'au texte qui est sorti de ma tête il y a deux semaines et que je ne me serais jamais cru capable d'écrire il y a un an, en passant par une profonde remise en question professionnelle, un atelier d'écriture, une formation, et de sérieuses interrogations sur moi-même et ma façon d'être avec les autres : ma femme, mon fils, mes amis, mes collègues.
Que pourrais-je me fixer comme menu pour cette année ?
Facile, que des plus : sourire plus, montrer un peu plus mes émotions, oser plus aussi. Avoir plus de confiance en moi. Je tergiverse toujours longtemps avant de m'engager quelque part. Mais quand j'avance, je n'ai jamais l'idée de reculer.
Rendez-vous dans un an. J'espère être aussi abasourdi que ce soir face aux évolutions initiées dans l'année.

Posté par ttk74 à 22:59 - Le quidam fait un peu d'introspection - Commentaires [5] - Rétroliens [0]